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  • tibooury

L’effroi de la responsabilité vous saisit au moment où vous apprenez ce qui vient de se passer.


J’ai fait beaucoup de gestion de crise dans ma vie.

Beaucoup.

Des crises médiatiques, quand les journalistes vous appellent pour avoir votre avis sur un événement et que c’est tout juste si vous ne l’apprenez pas par leur intermédiaire,

Des crises opérationnelles répétées, quand la France entière sait par votre faute qu’une caténaire peut ruiner un week-end prévu de longue date,

Des crises où les gens meurent, à cause de vous : lors des 2 derniers — et j’espère pour longtemps — très graves accidents ferroviaires de la SNCF (Brétigny, et Eckwersheim), j’ai reçu l’affreux appel des équipes de terrain, et ouvert la salle de crise de la direction générale en tant que membre du Comex d’astreinte.

Des crises chroniques qui nécessitent une remise en question importante des certitudes internes sur votre coeur de métier, comme par exemple à la gare Saint-Lazare, sous la pression des associations d’usagers.

Le point commun de tous ces événements, c’est l’effroi de la responsabilité qui vous saisit au moment où vous apprenez ce qui vient de se passer.

Rien que de normal.

Pourtant il faut prendre le sujet en main, et faire de son mieux.

On sait qu’on sera regardé, évalué, et que nos faits et gestes seront commentés.

On ne fera pas de magie.

On ne pourra notamment pas transformer un drame en événement heureux.

Juste faire son travail.

Je suis reconnaissante à toutes celles et ceux qui m’ont appris à aborder ces moments douloureux avec courage et détermination.

Et prête à partager ces expériences avec vous toutes et tous. Ce serait vraiment formidable si vous pouviez vous aussi raconter vos expériences, les enseignements que vous en avez tirés, les questions et les doutes qui vous ont traversé l’esprit. Une belle façon de cheminer tous ensemble.

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